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mardi 4 octobre 2016

LE MONDE DU FILM D’ANIMATION N’A PAS FINI DE VOUS SURPRENDRE !

LE MONDE DU FILM D'ANIMATION N'A PAS FINI DE VOUS SURPRENDRE !

En janvier 2016, le film d’animation Le garçon et la bête du talentueux réalisateur japonais Mamoru Hosoda sort en France (DVD disponible à la médiathèque de Meyzieu). Ce chef d’œuvre bouleversant transporte le spectateur au côté d’un jeune garçon, Kyuta, dans un monde parallèle : Shibuya, le monde des humains, et Jutengai, le monde des Bêtes...

Un jour, débordant de tristesse et de rage, le garçon se perd dans le monde des Bêtes où il devient le disciple du solitaire Kumatetsu. Cette rencontre fortuite est le début d’une aventure qui dépasse l’imaginaire. Kyuta décide de suivre l’apprentissage de techniques de combat auprès du maître Kumatetsu et de prouver sa valeur.

Aux différends caractériels, culturels et identitaires de nos deux héros s’ajoutent des conflits internes propres aux protagonistes : Kumatetsu veut accéder au trône du Seigneur des bêtes, que son grand rival Iōzen convoite également, tandis que Kyuta va et vient entre le monde des humains et celui des bêtes, cherchant à savoir qui il est vraiment. Le voyage initiatique du garçon se mue peu à peu en véritable parcours d’apprentissage, semé d’embûches pour lui comme pour son maître.
Le spectateur prend plaisir à voir l’enfant tête de mule grandir autant qu’il aime à voir l’ours grognon s’assagir.

L’histoire du film n’est pas sans rappeler les fables de La Fontaine ou les contes de Perrault dans lesquels on éduque en faisant rêver (à retrouver à la médiathèque dans plusieurs versions dont ce livre). Face à la noirceur du cœur des hommes, à la soif de pouvoir et à la violence, l’amitié, le courage et l’amour triompheront-ils encore ?

Mamoru Hosoda

Né en 1967 et diplômé de l’Université des Arts de Kanazawa, Mamoru Hosoda rêve d’animation et tente alors d’intégrer le Saint des Saints : l’institut de formation des studios Ghibli. Créés en 1985 par Hayao Miyazaki et Isao Takahata (futur réalisateur du Tombeau des lucioles - DVD disponible à la médiathèque). Après avoir essuyé un refus, Hosoda intègre en 1991 le studio Toei Animation, où les deux géants ont fait leurs gammes dans les années 1960. Il collabore alors à la création d’épisodes et de séries TV. La popularité de l’anime Digimon Adventure lui est bénéfique car il est ensuite repéré par une grande marque pour la création d’un spot publicitaire immanquable en collaboration avec Takashi Murakami, à voir et à revoir en ligne.

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Le studio Ghibli le contacte alors pour l’associer au projet du long métrage Le Château ambulant (DVD disponible à la médiathèque ainsi que le livre). De violentes discordes entre les membres de l’équipe de création conduiront Hosoda à quitter le projet. Il prend dans la foulée la décision de voler de ses propres ailes : il quitte le studioToei.
Recherchant d’autres partenaires, Mamoru Hosoda se rapproche alors d’un autre studio, Madhouse, producteur entre autres du magnifique Perfect blue (DVD disponible à la médiathèque) de Satoshi Kon. La créativité et la technique du réalisateur se modifient, devenant à la fois plus raffinées et plus profondes.

Ce temps de la maturité naît justement avec La traversée du temps (DVD disponible à la médiathèque), adaptation d’un récit initiatique culte au Japon dans lequel une lycéenne découvre sa capacité à remonter le temps. Les férus de jeux vidéos n’auront pas manqué le magistral Summer Wars en 2009 (DVD disponible à la médiathèque), l’histoire d’une famille sans histoire dont la vie tranquille est soudain perturbée par une catastrophe se déroulant dans un monde virtuel et menaçant notre planète.

Mamoru Hosoda connaît le véritable succès en France grâce à la sortie en 2012 des Enfants loups (DVD disponible à la médiathèque).
Les Enfants loups raconte l’histoire d’Ame et Yuki, frère et sœur nés d’une mère humaine et d’un père loup-garou, qui vont devoir décider de leurs propres destins.
Ce film réussit à parler aussi bien aux enfants qu’aux adultes, grâce à la multitude de strates et d’interrogations offerte par un récit limpide et la qualité du travail d’animation.

Entre la finesse d’écriture et la subtilité des émotions, les films de Mamoru Hosoda sont construits tout en poésie.
Après la retraite de Miyazaki concernant les longs métrages, pas de soucis à se faire : la relève est assurée et l’inspiration ne viendra pas à manquer dans les années à venir, même côté français… en témoigne ce sublime court-métrage de Gwenn Germain...

(Julie)