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jeudi 4 mai 2017

DES CHEFS QUI NOUS MENENT A LA BAGUETTE... OU PAS !

DES CHEFS QUI NOUS MENENT A LA BAGUETTE... OU PAS !

Le 31 mars dernier nous vous avions convié à la médiathèque de Meyzieu à un spécial "Musimania" consacré aux chefs d’orchestre. Voici une synthèse de ce qui a été évoqué.


La notion de chef d’orchestre apparaît dans l’histoire de la musique dès la fin du 18e siècle et tout au long du 19e siècle .

Ce rôle incombait initialement à celui qui jouait du clavecin pour diriger les chœurs et au premier violon pour conduire l’orchestre. Pour la musique de ballet, assez courante à l’époque baroque, le chef utilise alors un bâton qui bat la mesure en frappant le sol. Le célèbre Jean-Baptiste Lully, grand compositeur du roi Louis XIV, en fit cruellement les frais en heurtant violemment son pieds avec son grand bâton, ce qui provoqua une grave blessure, qui mal soignée, le fit mourir dans d’affreuses souffrances.

Mais la présence d’un chef d’orchestre va se justifier d’autant plus quand la taille des ensembles de musique va s’agrandir. De 15 à 20 musiciens composant un ensemble de musique de chambre, l’orchestre va passer rapidement à plus de 60 musiciens à la fin du 18e siècle pour ne cesser de croître tout au long du 19e siècle. La tâche de guider l’orchestre revient alors au premier violon (car les cordes sont les plus nombreuses dans l’orchestre), il doit surtout diriger tout l’orchestre avec son archet, sans pouvoir jouer lui-même.
Par la suite l’écriture musicale va devenir plus complexe tout au long du 19e siècle et rendre la présence du chef d’orchestre indispensable.

La baguette, plus pratique, va remplacer l’archet. Les premiers grands chefs sont en fait des compositeurs. On peut citer par exemple Louis Spohr qui a posé les bases pratiques de la direction d’orchestre suivi dans ce processus par Carl Maria von Weber ou Félix Mendelssohn.
Ce qui caractérise leur façon de diriger c’est qu’ils le font pour la première fois face à l’orchestre et donc dos au public. Cette façon de faire est nouvelle pour le public qui avait l’habitude de voir le chef face à lui.

D’autres grands compositeurs, Hector Berlioz et Richard Wagner notamment, vont se consacrer pleinement à la direction d’orchestre et donner à l’interprétation de leurs œuvres une autre dimension. Ils vont surtout imposer le rôle du chef d’orchestre comme celui qui interprète et donne une vision nouvelle à l’œuvre qu’il dirige. Le chef d’orchestre va devenir un interprète à part entière et non plus un simple coordinateur, il devient incontournable et son statut se consolide au fil du 19e siècle.
La technique de direction va se perfectionner et accomplir des progrès constants tout en faisant évoluer l’expression musicale et diversifier la qualité d’interprétation au gré des chefs.

Le 20e siècle verra naître des grands chefs d’orchestre à la personnalité affirmée, capables d’imposer une conception rigoureuse de l’œuvre tout en y mettant leur propre sensibilité.
Les grandes figures telles que Wilhelm Furtwängler, Herbert von Karajan, Claudio Abbado et bien d’autres vont prendre peu à peu une place considérable dans la direction d’orchestre au point d’en faire oublier le compositeur au profit exclusif de celui qui dirige son œuvre. Ils deviennent de véritables figures charismatiques symboles de la puissance créatrice musicale.

Parmi tous ces hommes qui dirigent trouve-t-on quelques femmes ?

Il faut bien l’avouer les femmes chef d’orchestre sont rares. On peut citer la compositrice, pédagogue et pianiste française Nadia Boulanger qui fut l’un des professeurs les plus influents du 20e siècle . Ce n’est qu’en 1914 que le conservatoire de Paris attribue un premier prix de direction d’orchestre à la suisse Hedy Salquin.

Aujourd’hui, même si elles sont minoritaires, les femmes assurent avec talent la direction d’orchestre. Parmi elles, Nathalie Stutzmann qui dirige son ensemble Orfeo 55 et qui chante aussi dans un registre rare de voix de contralto.


Emmanuelle Haïm, claveciniste qui dirige le Concert d’Astrée qui s’illustre dans la musique baroque. Laurence Equilbey qui a fondé trois ensembles parmi lesquels Accentus, chœur de chambre qui aborde notamment la musique contemporaine, Claire Gibault chef d’orchestre et femme engagée politiquement.

Un orchestre peut-il se passer de chef ?

Si le constat est évident quand on évoque les petits ensembles de musique de chambre ou les formations de jazz, il est tout autre pour les grandes formations qui ont besoin d’un chef et ne peuvent s’en passer. On peut citer cependant l’ensemble Dissonances qui joue officiellement sans chef d’orchestre.


De toute autre manière, une façon originale de montrer que le chef peut diriger sans baguette, tout en démontrant aussi qu’il connaît son orchestre par cœur et lui fait confiance, et que ce dernier le lui rend bien. Léonard Bernstein dirige sans baguette. En faisant l’économie de la gestuelle du chef d’orchestre.


Sélection de titres

Parmi les titres présentés lors de la séance Musimania du 31 mars, voici quelques titres que nous vous conseillons (disponibles à la médiathèque) :

Georges Prêtre & L’orchestre symphonique de Boston : Berlioz, Symphonie fantastique

Marc Minkowski & les Musiciens du Louvre : Lully, Acis & Galatée

Nathalie Stutzmann & Orfeo 55 Haendel, Heroes from the shadows

Kent Nagano & L’Orchestre Symphonique de Montréal : Moussorgski, Danse macabre

Claudio Abbado & The London Symphony Orchestra : The decca years

Herbert von Karajan & The Berliner Philharmoniker : Wagner, Tristan et Isolde

Gustavo Dudamel & The Simon Bolivar Youth Orchestra of Venezuela : Beethoven 5 & 7

(Thierry)