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mardi 30 mars 2021

COUP DE COEUR - ET SI ON SE PARLAIT ?

COUP DE COEUR - ET SI ON SE PARLAIT ?

Je vous invite à découvrir ces trois petits livres d’Andréa Bescond, illustré par Mathieu Tucker aux éditions Harper Collins.

Il n’est pas toujours facile d’aborder certains sujets avec les enfants, heureusement les livres sont là ! Et c’est avec beaucoup de finesse qu’ Andréa Bescond évoque, dans ces trois ouvrages, tant les droits de l’enfant que le respect de son intimité et de son intégrité corporelle, les violences familiales, la dépendance aux écrans, le harcèlement, le racisme, le corps et ses transformations, le consentement, la pédocriminalité, la pornographie, l’homophobie…



S’adaptant à chaque tranche d’âge (3/6 ans, 7/10 ans et 11 ans et +), elle informe les enfants avec tendresse et humour, tout comme elle aide les adultes à aborder ces sujets essentiels avec eux.

Ces petits ouvrages permettent de prévenir la violence sous toutes ses formes. Ils permettent de libérer la parole des enfants vis à vis des adultes qui les entourent. Les illustrations de Mathieu Tucker sont empreintes d’humour et de poésie, ce qui permet de prendre du recul et amène de la légèreté au sujet.


L’auteure

En 2014, Andréa Bescond a écrit un spectacle inspiré de son enfance, Les Chatouilles ou La Danse de la colère, l’histoire d’une petite fille qui subit des violences sexuelles. Le succès et l’intérêt pour ce travail lui a donné « l’envie d’écrire un ouvrage ludique et joyeux qui ouvrirait le dialogue entre les petits et les grands ».

Depuis qu’elle est sortie du silence lié à ce traumatisme, elle a à cœur de faire entendre la voix des plus vulnérables et de lutter contre les violences faites aux enfants.

« Et si on se parlait ? » est la première série de livres qu’elle leur adresse directement.

L’illustrateur

Né en Angleterre, Mathieu Tucker arrive en France à l’âge de 4 ans avec, déjà, la passion du dessin au bout du crayon.

Après un diplôme aux Arts décoratifs de Paris, il se lance comme illustrateur-graphiste et consacre une grande partie de son temps à la création d’albums jeunesse.

Irène

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mardi 23 mars 2021

LE PRINTEMPS DES POETES : LECTURES

LE PRINTEMPS DES POETES : LECTURES

Dans le cadre de l’événement national "Le Printemps des poètes", la médiathèque de Meyzieu est ravie de vous présenter une sélection de poèmes à écouter.









Maurice Carême : J’ai tant de choses à te dire

Poèmes de Maurice Carême, p.139.

J’ai tant de choses à te dire
Que je n’aurai jamais fini
De te parler, de te sourire
Pour essayer d’être compris.

Mais elles s’embuent de mystère
Comme ta voix et ton sourire
Comme tes mains dans la lumière
Les choses que je veux te dire.

Hélas ! J’ai beau faire, beau dire,
Il ne me reste qu’à me taire
Et à laisser parler mon cœur
Avec cette voix familière
Qu’il a pour parler du bonheur
Dès que je cherche à te les dire.


Pablo Neruda : sonnet vingt-cinquième

Quand on n’a que l’amour, Edition Bruno Doucey, p. 17

Mon amour, avant de t’aimer je n’avais rien :
j’hésitai à travers les choses et les rues :
rien ne parlait pour moi et rien n’avait de nom :
le monde appartenait à l’attente de l’air.

Je connus alors les salons couleur de cendre,
je connus des tunnels habités par la lune,
et les hangars cruels où l’on prenait congé,
et sur le sable l’insistance des questions.

Tout n’était plus que vide, et que mort et silence,
chute dans l’abandon et tout était déchu,
inaliénablement tout était aliéné,

tout appartenait aux autres et à personne,
jusqu’à ce que ta beauté et ta pauvreté
ne donnent cet automne empli de leurs cadeaux.


Paul Eluard : La courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur

Les quatre saisons d’en sortant de l’école, p. 90.

La courbe de tes yeux fait le tour de mon cœur,
Un rond de danse et de douceur,
Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,
Et si je ne sais plus tout ce que j’ai vécu
C’est que tes yeux ne m’ont pas toujours vu.

Feuilles de jour et mousse de rosée,
Roseaux du vent, sourires parfumés,
Ailes couvrant le monde de lumière,
Bateaux chargés du ciel et de la mer,
Chasseurs des bruits et sources des couleurs,

Parfums éclos d’une couvée d’aurores
Qui gît toujours sur la paille des astres,
Comme le jour dépend de l’innocence
Le monde entier dépend de tes yeux purs
Et tout mon sang coule dans leurs regards.


Robert Desnos : J’ai tant rêvé de toi

Les quatre saisons d’en sortant de l’école, p. 36.

J’ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité.
Est-il encore temps d’atteindre ce corps vivant
et de baiser sur cette bouche la naissance
de la voix qui m’est chère ?
J’ai tant rêvé de toi que mes bras habitués en étreignant ton ombre
à se croiser sur ma poitrine ne se plieraient pas
au contour de ton corps, peut-être.
Et que, devant l’apparence réelle de ce qui me hante
et me gouverne depuis des jours et des années
je deviendrais une ombre sans doute,
Ô balances sentimentales.
J’ai tant rêvé de toi qu’il n’est plus temps sans doute que je m’éveille.
Je dors debout, le corps exposé à toutes les apparences de la vie
et de l’amour et toi, la seule qui compte aujourd’hui pour moi,
je pourrais moins toucher ton front et tes lèvres que les premières lèvres
et le premier front venu.
J’ai tant rêvé de toi, tant marché, parlé, couché avec ton fantôme
qu’il ne me reste plus peut-être, et pourtant,
qu’à être fantôme parmi les fantômes et plus ombre cent fois
que l’ombre qui se promène et se promènera allègrement
sur le cadran solaire de ta vie.


Charles Baudelaire : Madrigal Triste

Quelques fleurs du mal, p. 88.

Que m’importe que tu sois sage ?
Sois belle ! et sois triste ! Les pleurs
Ajoutent un charme au visage,
Comme le fleuve au paysage ;
L’orage rajeunit les fleurs.

Je t’aime surtout quand la joie
S’enfuit de ton front terrassé ;
Quand ton cœur dans l’horreur se noie ;
Quand sur ton présent se déploie
Le nuage affreux du passé.

Je t’aime quand ton grand œil verse
Une eau chaude comme le sang ;
Quand, malgré ma main qui te berce,
Ton angoisse, trop lourde, perce
Comme un râle d’agonisant.

J’aspire, volupté divine !
Hymne profond, délicieux !
Tous les sanglots de ta poitrine,
Et crois que ton cœur s’illumine
Des perles que versent tes yeux !


Rabindranath Tagore

Le jardinier d’amour, sonnet XVI p. 51

Nos mains s’enlacent, nos yeux se cherchent. Ainsi commence l’histoire de nos cœurs.
C’est une nuit de mars éclairée par la lune ; l’exquise odeur du henné flotte dans l’air ; ma flûte est à terre abandonnée et ta guirlande de fleurs est inachevée.
Cet amour entre toi et moi est simple comme une chanson.
Ton voile couleur de safran enivre mes yeux.
La couronne de jasmin que tu me tresses réjouit mon cœur comme une louange.
C’est un jeu alterné de dons et de refus, d’aveux et de mystères ; de sourires et de timidités, de douces luttes inutiles.
Cet amour entre toi et moi est simple comme une chanson.
Nul mystère au-delà du présent ; nulle aspiration vers l’impossible ; pur enchantement ; nul tâtonnement dans la profondeur de l’ombre.
Cet amour entre toi et moi est simple comme une chanson.
Nous ne nous égarons pas, hors des paroles, dans le silence éternel. Nous ne tendons pas nos mains vers le néant des espoirs impossibles.
Il nous suffit de donner et de recevoir.
Nous n’avons pas écrasé les grappes de la jouissance jusqu’à en exprimer le vin de la douleur.
Cet amour entre toi et moi est simple comme une chanson.

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lundi 15 mars 2021

LE PRINTEMPS DES POETES : ZOOM SUR LES ÉDITIONS RUE DE MONDE

LE PRINTEMPS DES POETES : ZOOM SUR LES ÉDITIONS RUE DE MONDE

A l’occasion de l’évènement national Le Printemps des Poètes, j’avais envie de vous parler de Rue du Monde, une petite maison d’édition jeunesse indépendante, qui publie des livres « pour s’interroger et imaginer le monde ». Et effectivement, chez Rue du Monde, les livres qui amènent à la réflexion ne manquent pas !
J’aime leur choix éditorial, j’aime leur valeur, j’aime leur engagement, j’aime leurs auteurs... mais par dessus tout j’aime leur poésie ! bref, je vous explique tout !

Tout a commencé fin 1996, lorsque Alain Serres, auteur jeunesse d’une cinquantaine d’ouvrages, décide de créer une maison d’édition indépendante. Il décide alors de publier des œuvres audacieuses et ambitieuses qui aident les enfants à s’interroger sur le monde qui les entoure. A ce moment là, l’édition française était en crise et la plupart des maisons ne pouvaient entretenir de tels projets. Alain Serres a lancé le pari !
« Je rêvais d’un espace éditorial indépendant, peuplé des livres qui correspondaient à la vision que j’avais de l’enfant : une personne que l’on devrait beaucoup plus considérer comme un être social à part entière. Une personne en construction (comme d’ailleurs le sont aussi les adultes) avec laquelle on peut partager la complexité de nos vies, partager le pouvoir d’imaginer, de créer, de percevoir poétiquement les réalités du monde ».
Malgré un budget limité, il publie Le grand livre des droits de l’enfant, premier né des éditions qui a été, et qui est encore aujourd’hui, un grand succès. Les œuvres qui suivent reçoivent également un très bon accueil et la petite maison doit alors s’agrandir. Plusieurs auteurs et illustrateurs viennent soutenir Rue du monde et rejoignent les grands noms déjà présents au catalogue : Pef, Michel Piquemal, Zau, Nathalie Novi…
Rue du monde s’impose alors comme une édition d’envergure dans le secteur éditorial de la jeunesse.
Mais Rue du Monde, c’est surtout des prises de positions et un engagement solidaire. La maison d’édition soutient par exemple l’action en faveur du prêt gratuit en bibliothèque. Elle participe aussi à l’opération « L’été des bouquins solidaires » en partenariat avec le Secours populaire français, qui offre des livres aux enfants qui ne peuvent pas partir en vacances. Sa politique éditoriale défend des valeurs de tolérance et d’ouverture au monde.

Aujourd’hui, Rue du monde, c’est plus de vingt ans de création, vingt ans d’engagement culturel et plus de quatre cent livres édités pour tous les âges de la jeunesse. Grâce à leur ligne éditoriale, les livres publiés et leur engagement culturel basé sur « l’esprit de l’enfant », comme le dit Alain Serres, Rue du monde se démarque dans le paysage éditorial français actuel.
Une maison d’édition pour la jeunesse qui prend « les enfants au sérieux », et c’est bien ce qu’on observe au travers de leurs publications souvent en phase avec l’actualité.

Éditer de la poésie fait aussi partie de leurs engagements et ça marche ! Leur fonds poésie est particulièrement riche et cherche à ouvrir les enfants - dès leur plus jeune âge - aux mots des poètes, français ou étrangers. Leurs anthologies de poésie sont aujourd’hui une référence et leur nouvelle collection Les Petits Géants, qui met à la portée des 2-4 ans de grands auteurs du monde entier, est bien partie également pour connaître le même succès.

Bref de quoi se réjouir encore longtemps de l’activité de Rue du Monde. On attend leur nouveaux livres avec toujours autant d’impatience et on rêverait d’y habiter... rue du Monde !

Mais en attendant voici quelques coups de cœur poétiques…

1 /Bienvenue en poésie, 30 poèmes pour ta naissance /collection la poésie d’abord
collectif de poètes, illustrations d’Aurélia Fronty
Tu viens de naître et voici déjà ton premier livre de poèmes. Il te souhaite la bienvenue sur cette terre de découvertes et d’étonnements. Tu vas cheminer parmi les plantes et les humains, les animaux et les couleurs...Que les poèmes soient toujours ta précieuse boussole !
En écoute :
*- Beaucoup /François David

*- Coquelicot /JP Siméon

*- Demande /PEF

*- Jouer /Alain Serres

*- Tu t’endors /Alain Boudet

2 /Mon premier album de poèmes du monde /collection la poésie d’abord
Collectif de poètes, illustrations d’Aurélia Fronty
Voici un bouquet multicolore de poèmes venus des quatre coins du monde. Ils nous racontent que, là-bas, tout est différent, étonnant, mais que l’humanité et la poésie sont universelles.
En écoute :
*- Poésie ? Ke Yan / Chine

*- Encore une histoire maman ! /Miloud Hakim / Algérie

*- Quand je pense à la mer /Zakya Daoud / Maroc

En écoute dans la collection Petits géants :
3 /La poésie ça commence tout petit /Alain Serres, illustrations de Julia Chosson
Une petite histoire pour apprendre à voir la poésie qui se cache tout autour de nous : sous les pattes d’un chat, dans l’immensité du ciel et même sur la table de la cuisine !

4 /Admiration, /Pierre Albert Birot, illustrations de Rozen Bothuon

5 /Je ne suis plus un bébé ! /Yehonatan Geffen, illustré par Barroux (poème hébreux)

Vous pourrez bien sûr retrouver ces livres à la médiathèque de Meyzieu.
Un grand merci aux éditions Rue du monde pour leur autorisation.

Rue du monde, le site

Rue du monde et la poésie

Questions à Alain Serres - La revue des livres pour enfants n°258 parue en 2011

Bonus
Quelques livres sur la poésie à découvrir :

J’ai oublié ma poésie

Alain serres/PEF
Charles avait bien appris sa poésie, celle d’un autre Charles : L’Albatros. Cependant devant la classe tout ne se passe pas comme prévu : il écorche le titre et quand il voit Magali pleurer de rire, une envie soudaine d’uriner surgit. Il se reprend, enchaîne… jusqu’au vide complet. Aidé par son professeur il repart à nouveau mais se noie dans les yeux de Magali. Tout est alors chamboulé : il crée ses propres vers, tels une déclaration d’amour pour elle.
La fin du poème est un succès. Embarqué par les acclamations, il relâche la pression et inonde tout ! Heureusement sa mère lui avait glissé un paquet de mouchoirs dans la poche.
L’album se termine par les deux poèmes côte à côte : celui de Charles Baudelaire et celui de Charles.

52 petits mensonges et autres vérités

David Dumortier, Evelyne Mary ; collection Graines de mots
David Dumortier offre des poèmes tendres, rêveurs, espiègles, aussi innocents et profonds que des mots d’enfants :

« Quand vient le printemps les fleurs n’ont tellement pas de place qu’elles poussent sur la robe des femmes. »

« Je me suis fabriqué
un collier
avec des étoiles.
Comme personne
Ne les a jamais comptées
Personne ne le saura. »

« Il faut se baigner
en pyjama
quand le soleil se couche
dans les draps de la mer. »

Le livre des beautés minuscules

36 poèmes pour murmurer la beauté du monde.
Carl Norac, Julie Bernard ; collection Graines de mots
"Les souvenirs d’un grand-père doux comme le miel, la tiédeur du blé un matin d’été ou même une pluie de papillons sur un terril, il y a tant de beauté à savourer... Un poète et une illustratrice d’aujourd’hui nous apprennent à mieux regarder tous ces minuscules grains de beauté que le monde a sur la peau."
Une invitation non seulement à prendre les petits bonheurs où ils sont mais à s’interroger sur ce qu’est la beauté pour soi puisque le recueil se termine par cette question :
Et pour toi, s’il te plaît,
au fond de toi,
sur tes sentiers, dis-moi :
de quoi te parle-t-elle
en secret, la beauté ?

Si les poètes étaient moins bêtes

Texte de Boris Vian/illustrations de Serge Bloch
Vian aimait provoquer ! Pour le centenaire de sa naissance, voici qu’il provoque les poètes et se moque donc de lui-même… tout en nous donnant une grande leçon d’imagination. Boris Vian demande aux poètes d’arrêter d’écrire sur leurs petits malheurs et les invite à fabriquer en vrai un monde enfin merveilleux ! Ce texte fantasque nous embarque dans un univers où les poètes feraient le bonheur autour d’eux en inventant des mirliflûtes, des plumuches, des rara curules…

Je finirai par cette phrase que l’on trouve sur les catalogues de Rue du Monde :
« Les oiseaux ont des ailes, les enfants ont des livres » !
Bonne découverte à tous !
Iréne

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