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Commentaires des membres de Mixmac

mercredi 12 janvier 2022

KRONIK : SCUFFLES

KRONIK : SCUFFLES

Retour de Scuffles et de leur techno-garage, deux ans après, avec un deuxième EP Sur le Bitume sorti à la mi-novembre 2021.
Un enregistrement prenant et festif qui, à travers un condensé de techno industrielle allemande, d’accent cold-wave et de garage à la Bass Drum Of Death, traduit un assemblage de genre qui à première vue ne semblait pas être destiné à se rencontrer. Cela reviendrait à visualiser les membres de The Gories équipés d’une veste sportwear à 3 bandes, coiffés d’une crinière à la Ian McCulloch, le tout en dansant le shuffle dans une cave berlinoise jusqu’à pas d’heure. Ça y est, vous y êtes ?
Malgré ce brouillard d’influence, on parvient à trouver une certaine cohérence dans la musique du duo Angevin. Scuffles c’est avant tout un son qui va à l’essentiel, un esprit décalé sans aucun soupçon de vantardise. Un groupe qui n’a pas l’air de se prendre réellement au sérieux et il semblerait que ce soit à cet endroit précisément qu’il puise tout son charme.
Extrait à disposition avec le titre C’était l’été. Peut-être pas le plus démonstratif de la touche Scuffles, mais probablement le mieux réussi de l’EP.

(Sacha)

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mercredi 8 décembre 2021

KRONIK : IEDEREEN

KRONIK : IEDEREEN

On part de l’autre côté du Rhin tout droit vers la scène post-punk allemande.
Une scène en pleine ébullition à laquelle vient s’ajouter un nouveau nom, celui de Iedereen.
Le duo, basé à Cologne, lieu de naissance de groupes comme Sparkling ou The Screenshots, vient de sortir son premier EP intitulé Blumenfieber, un post-punk excentrique aux accents noise sur fond de sujets sociétaux.

On assiste à un enregistrement dans la veine d’Idles, rugueux et constitué de morceaux uppercut sur lesquels se superpose un chant énergique aux influences post-kraut pouvant rappeler un certain Joachim Witt dans ses envolées lyriques.
Le son de Iedereen semble effectivement s’inscrire dans une touche anglo-saxonne mais également germanique.
Il faut dire qu’en terme d’héritage musicale les allemands n’ont pas à se plaindre. L’essor du mouvement rock allemand des années 70’ s’appuie sur un contexte politique fracturé où l’on voit émerger une musique d’avant-garde qu’est le krautrock dont s’en suivra, au cours des années 80’, le développement de toute une contre-culture pop et décalée. Une véritable richesse ayant permis l’émergence d’un dilettantisme fougueux d’une grande originalité où la création ne semblait pas avoir de limite.

Cette influence semble avoir coulé sur Iedereen qui dans cet EP remplit toutes les cases ayant permit la gloire de ses anciens. Le groupe s’inscrit alors dans ce revival post-punk allemand en pleine renaissance et détient toutes les ressources nécessaires pour en être l’un des acteurs importants.

(Sacha)

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jeudi 7 octobre 2021

KRONIK : AMYL & THE SNIFFERS, HORS ZONE DE CONFORT

KRONIK : AMYL & THE SNIFFERS, HORS ZONE DE CONFORT

Ce 10 septembre le label Rough Trade Records a publié le troisième album du groupe Amyl & The Sniffers, pilier de la nouvelle scène rock australienne.
Avides de gros riffs Ashetonien, de coupes mulets sharpies et de mélodies entêtantes, « Comfort To Me » risque fort probablement de vous plaire.

Amyl & The Sniffers c’est tout d’abord une frontwoman du nom d’Amy Taylor. À la fois pop et fougueuse, entremêlant une apparence excentrique et un caractère bien trempé, la chanteuse a permis de rendre le groupe identifiable sur la scène rock actuelle. Imaginons Agnatha Fältskog, chanteuse d’Abba, sous psychotropes, en fin de soirée, dégoulinante de sueur, recherchant activement une rixe et on obtient la définition parfaite de cette personnalité atypique. Entourée de Declan Martens à la guitare, de Fergus Romer à la basse et de Bryce Wilson à la batterie, ils produisent probablement à eux quatre autant de décibels qu’un soir de match au Vélodrome.

Après deux albums, une reprise de « Born to Be Alive » de Patrick Hernandez et une collaboration avec les Suédois de Viagra Boys sur le morceau « In Spite Of Ourselves » (ballade mêlant country et post-punk), Amy Taylor et son groupe reprennent du service avec une nouvelle oeuvre composée dans un appartement de Melbourne durant la quarantaine de Covid-19. Le quatuor nous offre encore une fois un album brut fortement inspiré de la scène punk hardcore 80’ rappelant à certains moments Reagan Youth dans ses sonorités. Toutefois « Comfort To Me » ne se résume pas uniquement à un album violent et intense.

Certes, ce nouveau projet a beaucoup de points communs avec ses prédécesseurs mais vient, cette fois-ci, se rajouter à la danse une forme de tendresse que l’on avait parfois du mal à identifier au sein des albums « Big Attraction & Giddy Up » et « Amyl &The Sniffers » . La chanteuse parle elle-même de « vulnérabilité inavouable ». En effet aussi bien dans les paroles pouvant traiter de sa vie amoureuse que dans les mélodies vocales et instrumentales, touchant parfois à une forme de mélancolie post-punk, le groupe se met à découvert et s’ouvre à quelque chose de plus travaillé, de moins lourd, de plus reconnaissable. Les sons « No More Tears » , « Knifey » (où la voix d’Amy semble un instant se rapprocher de celle de Courtney Love sur « Doll Parts » de Hole) et « Security » en sont les parfaits exemples.

Typiquement dans « Security » on assiste à un appel à l’aide sur un refrain mélodieux où la chanteuse tente de convaincre un videur de la laisser rentrer dans un bar en clamant qu’elle n’est pas si saoul et qu’elle cherche simplement à trouver l’amour. Quand Amy Taylor scande « Security, will you let me in your pub ? I’m not looking for trouble, I’m looking for love » on tend à déceler une certaine fragilité sentimentale, un désir d’être aimé renforcé par une « vie amoureuse récemment compliquée » selon ses propres dires. La guitare et la basse, surplombée d’une mélodie vocale obsédante, filent en parfaite harmonie dans un élan mélancolique et viennent rompre le temps d’un refrain avec la rudesse que l’on connaît au groupe avant de finir sur un riff de guitare saignant digne d’un James Williamson des Stooges. Comparaison forcée ? Probablement pas car Amyl & The Sniffers semblent bien s’imposer eux aussi comme les membres fondateurs d’un nouvel élan rock.

Ainsi avec cet album le groupe franchit un cap. Il garde ses racines mais ose sortir de sa zone de confort. Un album fortement recommandé.

(Sacha)

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