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Musiques

mardi 24 avril 2018

PIANO, UNE TOUCHE D’HISTOIRE : DU CLAVIER BIEN TEMPÉRÉ AU PIANO PRÉPARÉ

PIANO, UNE TOUCHE D'HISTOIRE : DU CLAVIER BIEN TEMPÉRÉ AU PIANO PRÉPARÉ

Le piano occupe depuis le 18ème siècle une place majeure dans la musique classique ; il s’illustre, aussi, dans bien d’autres genres musicaux plus contemporains.










C’est vers 1700 que Bartolomeo Cristofori, un fabricant italien de clavecins, construit le premier piano. Il le baptise « gravicembalo col piano e forte » (clavecin avec doux et fort). Son invention permet de jouer doucement (« piano  ») et fortement (« forte  ») de l’instrument.
Le piano d’alors ressemble au clavecin par sa construction générale, mais son mécanisme est bien différent.

Cristofori met au point un système de cordes frappées différent de celui des cordes pincées du clavecin, où le marteau commandé par les touches du clavier, rend possible une plus grande variété dynamique. Cristofori ajoute une pièce rembourrée pour attraper le marteau et pour l’empêcher de rebondir après l’échappement.
Grâce à ce système et à son perfectionnement au siècle suivant, on offre aux pianistes la possibilité de répéter rapidement une note.




L’essor du pianoforte à la fin du 18e siècle, est favorisé par le travail de l’École viennoise et notamment la maison Walter qui construit des pianos plus légers.
Ces instruments avaient à l’époque un son plus doux et plus clair que celui des pianos modernes, et permettaient aussi de tenir les notes plus longtemps. C’est pour des pianos de ce type que Mozart composera ses concertos et ses sonates.

Grâce au développement de la fabrication en manufactures, que l’on distingue de la production en atelier, le prix des instruments va diminuer. Posséder un pianoforte est rapidement devenu un symbole de respectabilité dans la bonne société.

L’arrivée du piano éclipse très rapidement le clavecin. Le piano peut traduire l’impulsion dynamique du musicien.

Après un siècle d’existence, le piano devient l’instrument populaire par excellence et s’installe très souvent comme instrument dominant lors des concerts. Il prend place dans les grandes salles comme dans les cafés-concerts, pour des concerts parfois improvisés. La bourgeoisie s’en empare pour en faire l’instrument de référence dans l’éducation musicale (avec le violon).
Enfin, le piano devient l’instrument idéal pour la majorité des compositeurs.

Si les œuvres pour piano héritent d’abord du langage et du style du clavecin, dès la fin du 18ème siècle, grâce à des compositeurs comme Mozart et Haydn, l’instrument va imposer sa personnalité. Il va séduire de nombreux compositeurs qui vont voir en lui de nouvelles possibilités créatrices.

Ainsi, quand les compositeurs romantiques vont imposer leur style, ils mettront en avant les possibilités de nuances apportées par l’instrument. On peut jouer ‘piano’, comme on peut jouer ‘forte’. Cette seule éventualité, qui peut sembler évidente aujourd’hui, ne l’était pas à l’époque.

L’essor du piano avec les compositeurs romantiques du 19ème siècle

« Mon piano est pour moi ce qu’est au marin sa frégate… plus encore peut-être. C’est moi-même, c’est ma parole, c’est ma vie ; c’est le dépositaire intime de tout ce qui s’est agité dans mon cerveau »
F. Liszt

« Je pense piano » dira plus laconique Schumann

Il existe une relation passionnelle conflictuelle entre le piano et le musicien. Chacun dialogue avec l’instrument.

Les atouts majeurs du piano mis en avant par "Les Romantiques" sont sa puissance sonore, qui est suffisante pour jouer avec d’autres instruments ou pour se produire dans les salles de concert, et sa facilité d’emploi, qui ne demande pas de connaissance particulière… sauf celle de sa maintenance qui va donner au métier d’accordeur de piano une place prépondérante.

Le piano va aussi donner naissance à une nouvelle littérature pianistique composée de pièces courtes, telles les ballades ou les fantaisies. D’autres formes comme la mazurka et la valse vont rencontrer auprès de nombreux interprètes un vif intérêt, alors que la variation va occuper une place de choix chez des compositeurs comme Beethoven, Brahms ou Schumann.

Grâce aux nuances, le piano devient l’ami intime, le confident capable de transmettre l’émotion de l’interprète. De plus, sa polyphonie totale ne limite pas les visions orchestrales des compositeurs, bien au contraire !

L’instrument s’impose au cours du 19ème siècle auprès des écoles et des conservatoires comme l’instrument de référence pour apprendre et appliquer les études d’harmonie et de contrepoint.


Retrouvez ci-dessous quelques exemples de grands morceaux de musique, présentés lors de l’animation Musimania du 9 mars 2018 organisée à la médiathèque de Meyzieu.
Vous pouvez retrouver ces titres à la médiathèque en cliquant sur leur nom.


(Thierry)

Le piano baroque

Jean-Sébastien Bach - Préludes n°1 BWV846 interprété par Sviatoslav Richter

Le piano classique

Wolfgang Amadeus Mozart - Concerto pour piano n°23, Adagio interprété par Maurizio Pollini

Ludwig van Beethoven - Sonate n°8 en ut mineur, op.13 « Pathétique », Rondo interprété par Alfred Brendel

Le piano romantique

Félix Mendelssohn - Romances sans paroles interprété par Philippe Cassard

Frédéric Chopin - Nocturne en ut dièse mineur interprété par Brigitte Engerer

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Johannes Brahms - Rhapsodie n°2 op.79 interprété par Martha Argerich

Le piano impressionniste

Claude Debussy - préludes 1er livres VIII « La fille aux cheveux de lin » interprété par Arturo Benedetti

Maurice Ravel - Pavane pour une infante défunte interprété par Bertrand Chamayou

Le piano moderne

Francis Poulenc - Valse en ut majeur interprété par Gabriel Tacchino

John Cage - A room interprété par Noritaka Ito

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samedi 23 décembre 2017

LES MEILLEURS GUITARISTES DU MONDE ?

LES MEILLEURS GUITARISTES DU MONDE ?

Un lecteur avec qui je parlais musique et qui connaissait ma passion pour la guitare, me posa la question suivante : A votre avis, quel est le meilleur guitariste au monde ?

Demande t-on à un chef cuisinier quel est le meilleur plat au monde ?
Ou au tour opérateur : Quel est le plus beau pays du monde ?
Ou encore à un bibliothécaire, quel est le meilleur livre du monde ?
Je suis bibliothécaire, alors pour moi, le meilleur livre du monde est :

- L’Ane Trotro et Zaza fêtent Noël (quand j’avais 3 ans)
- Les Raisins de la colère de John Steinbeck lu environ 43 fois de l’âge de 14 ans à aujourd’hui
- Le meilleur roman de science-fiction, la meilleure BD, le meilleur polar, mais lequel : Nordique ? thriller ? Ésotérique ? à énigme ?

Non, je sais, le meilleur livre du monde n’est pas encore écrit ou je ne l’ai pas encore lu et si je le découvre, un autre le surpassera un jour.

Ce que je voulais dire ici, c’est que, même si le classement est un des piliers de notre métier, c’est uniquement d’un point de vue pratique et non qualitatif et si cela est vrai pour la littérature, pourquoi en serait t-il autrement pour la peinture, l’architecture, la musique ou toutes formes d’art relevant plus de la perception sensuelle ou émotionnelle que d’un apprentissage formel ou d’un décryptage technique impitoyable.


Voici donc une petite sélection très personnelle de différents styles de jeux de guitares et de guitaristes qui ne font pas forcément partie des 100 meilleurs répertoriés dans la presse spécialisée.

Maintenant, cliquez sur les vidéos, ouvrez vos oreilles et tapez du pied...


Bob Dylan

Paco de Lucia

Ry Cooder

Roy Buchanan

Banjo Duel

Davey Graham

"Sweet Home Chicago" (Buddy Guy, Eric Clapton, Johnny Winter, Robert Cray, Hubert Sumlin…)

Ana Popovic



Nous possédons de nombreux albums de ces artistes à la médiathèque, donc n’hésitez pas à venir les emprunter !



(Pierre)

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jeudi 4 mai 2017

DES CHEFS QUI NOUS MENENT A LA BAGUETTE... OU PAS !

DES CHEFS QUI NOUS MENENT A LA BAGUETTE... OU PAS !

Le 31 mars dernier nous vous avions convié à la médiathèque de Meyzieu à un spécial "Musimania" consacré aux chefs d’orchestre. Voici une synthèse de ce qui a été évoqué.


La notion de chef d’orchestre apparaît dans l’histoire de la musique dès la fin du 18e siècle et tout au long du 19e siècle .

Ce rôle incombait initialement à celui qui jouait du clavecin pour diriger les chœurs et au premier violon pour conduire l’orchestre. Pour la musique de ballet, assez courante à l’époque baroque, le chef utilise alors un bâton qui bat la mesure en frappant le sol. Le célèbre Jean-Baptiste Lully, grand compositeur du roi Louis XIV, en fit cruellement les frais en heurtant violemment son pieds avec son grand bâton, ce qui provoqua une grave blessure, qui mal soignée, le fit mourir dans d’affreuses souffrances.

Mais la présence d’un chef d’orchestre va se justifier d’autant plus quand la taille des ensembles de musique va s’agrandir. De 15 à 20 musiciens composant un ensemble de musique de chambre, l’orchestre va passer rapidement à plus de 60 musiciens à la fin du 18e siècle pour ne cesser de croître tout au long du 19e siècle. La tâche de guider l’orchestre revient alors au premier violon (car les cordes sont les plus nombreuses dans l’orchestre), il doit surtout diriger tout l’orchestre avec son archet, sans pouvoir jouer lui-même.
Par la suite l’écriture musicale va devenir plus complexe tout au long du 19e siècle et rendre la présence du chef d’orchestre indispensable.

La baguette, plus pratique, va remplacer l’archet. Les premiers grands chefs sont en fait des compositeurs. On peut citer par exemple Louis Spohr qui a posé les bases pratiques de la direction d’orchestre suivi dans ce processus par Carl Maria von Weber ou Félix Mendelssohn.
Ce qui caractérise leur façon de diriger c’est qu’ils le font pour la première fois face à l’orchestre et donc dos au public. Cette façon de faire est nouvelle pour le public qui avait l’habitude de voir le chef face à lui.

D’autres grands compositeurs, Hector Berlioz et Richard Wagner notamment, vont se consacrer pleinement à la direction d’orchestre et donner à l’interprétation de leurs œuvres une autre dimension. Ils vont surtout imposer le rôle du chef d’orchestre comme celui qui interprète et donne une vision nouvelle à l’œuvre qu’il dirige. Le chef d’orchestre va devenir un interprète à part entière et non plus un simple coordinateur, il devient incontournable et son statut se consolide au fil du 19e siècle.
La technique de direction va se perfectionner et accomplir des progrès constants tout en faisant évoluer l’expression musicale et diversifier la qualité d’interprétation au gré des chefs.

Le 20e siècle verra naître des grands chefs d’orchestre à la personnalité affirmée, capables d’imposer une conception rigoureuse de l’œuvre tout en y mettant leur propre sensibilité.
Les grandes figures telles que Wilhelm Furtwängler, Herbert von Karajan, Claudio Abbado et bien d’autres vont prendre peu à peu une place considérable dans la direction d’orchestre au point d’en faire oublier le compositeur au profit exclusif de celui qui dirige son œuvre. Ils deviennent de véritables figures charismatiques symboles de la puissance créatrice musicale.

Parmi tous ces hommes qui dirigent trouve-t-on quelques femmes ?

Il faut bien l’avouer les femmes chef d’orchestre sont rares. On peut citer la compositrice, pédagogue et pianiste française Nadia Boulanger qui fut l’un des professeurs les plus influents du 20e siècle . Ce n’est qu’en 1914 que le conservatoire de Paris attribue un premier prix de direction d’orchestre à la suisse Hedy Salquin.

Aujourd’hui, même si elles sont minoritaires, les femmes assurent avec talent la direction d’orchestre. Parmi elles, Nathalie Stutzmann qui dirige son ensemble Orfeo 55 et qui chante aussi dans un registre rare de voix de contralto.


Emmanuelle Haïm, claveciniste qui dirige le Concert d’Astrée qui s’illustre dans la musique baroque. Laurence Equilbey qui a fondé trois ensembles parmi lesquels Accentus, chœur de chambre qui aborde notamment la musique contemporaine, Claire Gibault chef d’orchestre et femme engagée politiquement.

Un orchestre peut-il se passer de chef ?

Si le constat est évident quand on évoque les petits ensembles de musique de chambre ou les formations de jazz, il est tout autre pour les grandes formations qui ont besoin d’un chef et ne peuvent s’en passer. On peut citer cependant l’ensemble Dissonances qui joue officiellement sans chef d’orchestre.


De toute autre manière, une façon originale de montrer que le chef peut diriger sans baguette, tout en démontrant aussi qu’il connaît son orchestre par cœur et lui fait confiance, et que ce dernier le lui rend bien. Léonard Bernstein dirige sans baguette. En faisant l’économie de la gestuelle du chef d’orchestre.


Sélection de titres

Parmi les titres présentés lors de la séance Musimania du 31 mars, voici quelques titres que nous vous conseillons (disponibles à la médiathèque) :

Georges Prêtre & L’orchestre symphonique de Boston : Berlioz, Symphonie fantastique

Marc Minkowski & les Musiciens du Louvre : Lully, Acis & Galatée

Nathalie Stutzmann & Orfeo 55 Haendel, Heroes from the shadows

Kent Nagano & L’Orchestre Symphonique de Montréal : Moussorgski, Danse macabre

Claudio Abbado & The London Symphony Orchestra : The decca years

Herbert von Karajan & The Berliner Philharmoniker : Wagner, Tristan et Isolde

Gustavo Dudamel & The Simon Bolivar Youth Orchestra of Venezuela : Beethoven 5 & 7

(Thierry)

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