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Musiques

mardi 18 décembre 2018

RENOUVEAU DE L’UNIVERS MUSICAL, A L’AUBE DU XXe SIECLE

RENOUVEAU DE L'UNIVERS MUSICAL, A L'AUBE DU XXe SIECLE

Le style musical du XXe siècle est influencé par l’évolution rapide des technologies. La diffusion des œuvres rendue possible par les enregistrements va changer la conception de la musique.
Le chaos généré par les deux guerres mondiales aura une influence sur l’évolution des langages artistiques. La musique se libère de toute carrure, la mélodie et le rythme prennent leur indépendance. Les tonalités s’émancipent de la hiérarchie classique qui s’impose entre tonique et dominante.
Les recherches sonores ouvrent la voie du renouveau musical.


Les compositeurs clés à l’origine du renouveau musical du début du XXe siècle

Claude Debussy (1862-1918) ou la recherche d’une harmonie nouvelle

Debussy fait figure de novateur en harmonie en ouvrant la voie de la musique moderne.
Il laisse les fonctions de la tonalité, instaurées depuis le XVIIe siècle avec le rapport tonique dominante, perdre leurs pouvoirs. L’harmonie devient fluctuante, avec des enchaînements inattendus, qui évoquent un transfert de couleurs, et non un parcours tonal.
Debussy recherche la couleur dans sa musique, à l’instar des peintres impressionnistes. Les accords, comme des blocs sonores, prennent une fonction de timbre, résultant des hauteurs et des intensité ainsi que des alliances instrumentales subtiles et inédites.

Arabesques

La Cathédrale engloutie

Maurice Ravel (1875-1937)

La première œuvre majeure de l’après-guerre fut La Valse, poème symphonique dramatique commandé pour un ballet. Ravel défigure sciemment la valse viennoise en dépeignant un « tourbillon fantastique et fatal », évocation musicale de l’anéantissement par la guerre de la civilisation européenne qu’incarnaient les valses de Johann Strauss. Cette œuvre a matérialisé le « renoncement au charme harmonique », ce qui a caractérisé la plupart des œuvres de Ravel au cours des années 1920.

La Valse

Le tombeau de Couperin
Chaque mouvement est dédié à un ami mort au combat en 14-18 : dernier mouvement (La toccata), dédié à Joseph Marliave, musicologue tombé en 1914 dont la femme Marguerite Long était pianiste.

Edgard Varèse (1883-1965)

« La musique de demain sera spatiale. »

Varèse conçoit la musique comme une projection acoustique de timbres dans l’espace.
Il utilise tous les paramètres du son.

« N’oublions pas que pour nous musiciens, c’est le son qui est l’un de nos meilleurs maîtres. C’est pourquoi il faut l’étudier et ses leçons sont inépuisables. » E.V.

Il participe à un renouvellement de la matière sonore, avec la notion de spectre harmonique (résonance des harmoniques). Il utilise les instruments traditionnels de manière inhabituelle : nouveaux modes d’attaque, jeux de clés, tessitures et densités inutilisées. Sa prédilection pour les instruments à vent et les percussions en révolutionnera l’usage.

Hyperprisme

Igor Stravinski (1882-1971)

Le compositeur russe et cosmopolite est le maître du changement musical.

A la mort de son père, il abandonne peu à peu le droit pour se consacrer entièrement à la musique. Sa rencontre avec Rimski-Korsakov fut décisive, il deviendra son professeur de musique, lui enseignant principalement l’orchestration et les formes classiques.

Le début de la carrière de Stravinski est intrinsèquement lié à sa rencontre avec Diaghilev. Stravinski compose pour les ballets russes et, Diaghilev, en lui passant commande de L’oiseau de feu , le révèle au grand public et impose la nouvelle musique russe.

Le sacre du printemps , qui, après une création scandaleusement agitée en 1913 à Paris (qualifié par la presse de Massacre du printemps) sur une chorégraphie révolutionnaire de Nijinski, convainc vite Paris (et Debussy le premier qui crie au génie) du talent de Stravinski.
Le scandale est provoqué en partie par la gestique non conventionnelle du ballet, loin des codes classiques, et par le langage d’essence rythmique de la musique, avec une place centrale donnée au rythme, à son irrégularité, à la superposition de cellules rythmiques, et aussi à l’importance donnée au timbre des familles d’instruments, au traitement de l’orchestre.

Stravinski modifie la notion de geste dans le ballet et ouvre la voie à une nouvelle conception chorégraphique. Elle correspond à une nouvelle conception de l’art musical : le rythme devient un élément propulsif de base et aura un grand impact sur la forme, le timbre et l’orchestration.

Le sacre du printemps, introduction et augures printanières :

Durant la Première Guerre Mondiale, Stravinski s’exile en Suisse.
Il imagine, en collaboration avec l’écrivain suisse Ramuz un spectacle de poche ambulant. Ce sera L’histoire du soldat (1918) pour 3 récitants et 7 musiciens.
Stravinski instaure une séparation entre le mot et la musique : les mots font partie de la narration, de la lecture récitée sur scène, tandis que la musique accompagne la pantomime et la danse.

L’histoire du soldat

L’évolution de sa carrière et de son œuvre peut se diviser en plusieurs périodes.
Dans la plus grande période, il est très inspiré par le folklore russe qu’il transforme (Noces, L’oiseau de feu), on parle de « folklore imaginaire ». S’ensuivra une période de rupture ou néoclassique. Enfin, il s’intéresse à la musique sérielle, influencé par Webern, et dans la lignée du chromatisme de Schoenberg (pourtant sceptique à l’origine) et exploite ces champs de possibilités dans ses compositions.

Stravinski résume ce qui fait l’unité de son œuvre en disant que la musique est destinée à « instituer un ordre dans les choses, y compris et surtout un ordre entre l’homme et le temps [...]. La construction faite, l’ordre atteint, tout est dit. »

Il meurt en 1971, laissant une œuvre aujourd’hui considérée comme le manifeste de la musique moderne qui annonce la violence des guerres à venir. Il est le Picasso de la musique. Par l’influence majeure qu’il exerce sur le XXe siècle, la manière qu’il a de se réinventer sans cesse, Igor Stravinski est un génie de son temps.

La seconde École de Vienne

Créée par Arnold Schoenberg et ses élèves Anton Webern et Alban Berg

Tout d’abord, Schoenberg se fonde sur l’utilisation des 12 sons chromatiques, le dodécaphonisme.
Les 12 sons seront ensuite organisés en séries. Dans la série, chaque note intervient selon un ordre bien défini et sans répétition : tant que les 12 sons ne sont pas joués, aucun n’est répété. Il s agit d un principe de variation, ou de non-répétition. Ceci correspond à une idée de penser la musique. Le principe de non-répétition permet de ne pas se polariser sur un son, toute polarisation faisant référence au système tonal.
Puis la série sera étendue à toutes les caractéristiques du son : hauteur, durée, intensité, timbre, espace.

Arnold Schoenberg (1874-1951)

Compositeur, peintre et ami de Kandinsky, théoricien, Arnold Schoenberg a toujours considéré sa musique comme l’héritière authentique de la tradition classique et romantique allemande. Celui qui proclamait : « Il y a encore beaucoup de bonnes musiques à écrire en do majeur. » fut pourtant l’initiateur d’une révolution atonale sans précédent.
Arnold Schoenberg compose des œuvres de jeunesse dans la tradition romantique allemande. De cette époque, il laisse notamment l’une de ses pièces maîtresses – La nuit transfigurée – composée alors qu’il n’a que 26 ans.

Une fois franchi le tournant décisif vers l’atonalité, Arnold Schoenberg entame une période de création intense où il amène l’émancipation de la dissonance à son paroxysme. C’est dans cette période dite "d’atonalisme libre" que s’inscrivent le mélodrame Erwartung et Pierrot Lunaire, son œuvre la plus célèbre , ensemble de 21 mélodrames adaptés de courts poèmes d’A.Giraud (1884). Il utilise la technique du Sprechgesang, sorte de parlé-chanté.

Au début des années 1920, le compositeur met au point le système sériel qu’il applique dans ses œuvres jusqu’à pousser le procédé à sa plus extrême virtuosité.

Extrait de Pierrot lunaire : Der Dandy (III)



Vous pouvez bien sûr retrouver des CD de ces compositeurs dans les collections de la médiathèque de Meyzieu. N’hésitez pas à venir les emprunter !

(Thierry)

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lundi 29 octobre 2018

MASSACRES A L’OREILLE...

MASSACRES A L'OREILLE...

En mémoire de Charles Aznavour qui vient de nous quitter, Pierre vous propose une sélection toute personnelle de "massacres à l’oreille" !

« Et si le génie musical et artistique pouvait être démontré à l’aune des interprétations qu’on en a fait, que ces reprises le soient stricto sensu : mélodie et paroles identiques, parodiques à la façon des Bidochons, ou sous forme d’hommage, elles nous interrogent forcément sur ce qui a pu nous toucher, nous émerveiller même dans ces créations.

Si certaines dépassent parfois l’original dans l’émotion, les mélodies ou l’interprétation scénique, d’autres diffèrent totalement et sont difficilement reconnaissables.

Devant l’infinité des reprises de ces grands morceaux musicaux, je voudrais juste aborder ici les plus horribles, les plus mauvaises versions jamais enregistrées, d’une telle nullité qu’il vaut mieux en rire que s’en indigner.

Cette sélection est très personnelle, non exhaustive, dénuée de bonne foi et qui n’engage que moi, aussi ne vous sentez pas offensé(e) si j’égratigne quelque-peu vos interprètes préférés.

Très bonne mauvaise écoute à vous et bonne rigolade !


Let it be. Les Beatles passent à l’est : Délicieusement surrané !



Thriller. Michael Jackson à la sauce indienne : à mourir de rire...



La Bohème : Plus sirupeux que jamais par Kendji Girac.



I love rockn’roll vu par Britney Spears.



Ces gens là par Florent Pagny



Light My Fire par Will Young



Et encore...


You Shook Me All Night Long par Céline Dion



Satisfaction par Vanilla Ice 



We Will Rock You  par Five



Maintenant, à vous de trouver qui a le mieux massacré vos morceaux préférés ! »


(Pierre)

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mardi 24 avril 2018

PIANO, UNE TOUCHE D’HISTOIRE : DU CLAVIER BIEN TEMPÉRÉ AU PIANO PRÉPARÉ

PIANO, UNE TOUCHE D'HISTOIRE : DU CLAVIER BIEN TEMPÉRÉ AU PIANO PRÉPARÉ

Le piano occupe depuis le 18ème siècle une place majeure dans la musique classique ; il s’illustre, aussi, dans bien d’autres genres musicaux plus contemporains.










C’est vers 1700 que Bartolomeo Cristofori, un fabricant italien de clavecins, construit le premier piano. Il le baptise « gravicembalo col piano e forte » (clavecin avec doux et fort). Son invention permet de jouer doucement (« piano  ») et fortement (« forte  ») de l’instrument.
Le piano d’alors ressemble au clavecin par sa construction générale, mais son mécanisme est bien différent.

Cristofori met au point un système de cordes frappées différent de celui des cordes pincées du clavecin, où le marteau commandé par les touches du clavier, rend possible une plus grande variété dynamique. Cristofori ajoute une pièce rembourrée pour attraper le marteau et pour l’empêcher de rebondir après l’échappement.
Grâce à ce système et à son perfectionnement au siècle suivant, on offre aux pianistes la possibilité de répéter rapidement une note.




L’essor du pianoforte à la fin du 18e siècle, est favorisé par le travail de l’École viennoise et notamment la maison Walter qui construit des pianos plus légers.
Ces instruments avaient à l’époque un son plus doux et plus clair que celui des pianos modernes, et permettaient aussi de tenir les notes plus longtemps. C’est pour des pianos de ce type que Mozart composera ses concertos et ses sonates.

Grâce au développement de la fabrication en manufactures, que l’on distingue de la production en atelier, le prix des instruments va diminuer. Posséder un pianoforte est rapidement devenu un symbole de respectabilité dans la bonne société.

L’arrivée du piano éclipse très rapidement le clavecin. Le piano peut traduire l’impulsion dynamique du musicien.

Après un siècle d’existence, le piano devient l’instrument populaire par excellence et s’installe très souvent comme instrument dominant lors des concerts. Il prend place dans les grandes salles comme dans les cafés-concerts, pour des concerts parfois improvisés. La bourgeoisie s’en empare pour en faire l’instrument de référence dans l’éducation musicale (avec le violon).
Enfin, le piano devient l’instrument idéal pour la majorité des compositeurs.

Si les œuvres pour piano héritent d’abord du langage et du style du clavecin, dès la fin du 18ème siècle, grâce à des compositeurs comme Mozart et Haydn, l’instrument va imposer sa personnalité. Il va séduire de nombreux compositeurs qui vont voir en lui de nouvelles possibilités créatrices.

Ainsi, quand les compositeurs romantiques vont imposer leur style, ils mettront en avant les possibilités de nuances apportées par l’instrument. On peut jouer ‘piano’, comme on peut jouer ‘forte’. Cette seule éventualité, qui peut sembler évidente aujourd’hui, ne l’était pas à l’époque.

L’essor du piano avec les compositeurs romantiques du 19ème siècle

« Mon piano est pour moi ce qu’est au marin sa frégate… plus encore peut-être. C’est moi-même, c’est ma parole, c’est ma vie ; c’est le dépositaire intime de tout ce qui s’est agité dans mon cerveau »
F. Liszt

« Je pense piano » dira plus laconique Schumann

Il existe une relation passionnelle conflictuelle entre le piano et le musicien. Chacun dialogue avec l’instrument.

Les atouts majeurs du piano mis en avant par "Les Romantiques" sont sa puissance sonore, qui est suffisante pour jouer avec d’autres instruments ou pour se produire dans les salles de concert, et sa facilité d’emploi, qui ne demande pas de connaissance particulière… sauf celle de sa maintenance qui va donner au métier d’accordeur de piano une place prépondérante.

Le piano va aussi donner naissance à une nouvelle littérature pianistique composée de pièces courtes, telles les ballades ou les fantaisies. D’autres formes comme la mazurka et la valse vont rencontrer auprès de nombreux interprètes un vif intérêt, alors que la variation va occuper une place de choix chez des compositeurs comme Beethoven, Brahms ou Schumann.

Grâce aux nuances, le piano devient l’ami intime, le confident capable de transmettre l’émotion de l’interprète. De plus, sa polyphonie totale ne limite pas les visions orchestrales des compositeurs, bien au contraire !

L’instrument s’impose au cours du 19ème siècle auprès des écoles et des conservatoires comme l’instrument de référence pour apprendre et appliquer les études d’harmonie et de contrepoint.


Retrouvez ci-dessous quelques exemples de grands morceaux de musique, présentés lors de l’animation Musimania du 9 mars 2018 organisée à la médiathèque de Meyzieu.
Vous pouvez retrouver ces titres à la médiathèque en cliquant sur leur nom.


(Thierry)

Le piano baroque

Jean-Sébastien Bach - Préludes n°1 BWV846 interprété par Sviatoslav Richter

Le piano classique

Wolfgang Amadeus Mozart - Concerto pour piano n°23, Adagio interprété par Maurizio Pollini

Ludwig van Beethoven - Sonate n°8 en ut mineur, op.13 « Pathétique », Rondo interprété par Alfred Brendel

Le piano romantique

Félix Mendelssohn - Romances sans paroles interprété par Philippe Cassard

Frédéric Chopin - Nocturne en ut dièse mineur interprété par Brigitte Engerer

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Johannes Brahms - Rhapsodie n°2 op.79 interprété par Martha Argerich

Le piano impressionniste

Claude Debussy - préludes 1er livres VIII « La fille aux cheveux de lin » interprété par Arturo Benedetti

Maurice Ravel - Pavane pour une infante défunte interprété par Bertrand Chamayou

Le piano moderne

Francis Poulenc - Valse en ut majeur interprété par Gabriel Tacchino

John Cage - A room interprété par Noritaka Ito

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